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Mairie de Farges

Plus penser que dire pour parvenir

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Tragédie d’Asserans

19 Août 1944.

Farges semble endormie par cette chaude journée d’Août, lorsque tout à coup, camions, motocyclettes, canons, font halte devant la mairie et la poste.
Farges est alors encerclé. Vers 17 heures, une compagnie de S.S . se dirige vers Asserans accompagnée d’otages. Puis une épaisse fumée noire monte lentement au-dessus du petit hameau, cruellement endeuillé. Asserans brûle, et le double crime commis par les S.S. dans la commune de Farges a touché les 2 frères Paul et Maurice Mathieu, tombés sous les balles des ennemis, dans des circonstances tragiques. Egalement, 6 familles se retrouvent sans abri, sans vêtements, sans outils de travail….
Le 21 Août, jour de la libération, les drapeaux tricolores ornent les fenêtres, mais ceux de la mairie de Farges portent un crêpe noir en signe de deuil communal.

Asserans août 1944

Nos anciens se souviennent

Le 17 Août, les troupes allemandes brûlent le village de Valleiry.
Le 18 Août, ils arrivent à Farges, vers 16h30. Ils se rendent auprès du Maire, Monsieur Charles Jaquinod, pour demander des otages. Celui-ci désigne, avec beaucoup de courage, son fils. Le garde champêtre, Monsieur Berthod, en fera de même.
En définitive, huit otages seront rassemblés :
- Raymond Jaquinod
- Raymond Berthod
- Edmond Bois
- Marcel Sanz
- Albert Luginbulle
- René Morat
- Paul Mathieu
- Monsieur Castin
Vers 18h, les otages sont emmenés à Collonges, les papiers sont confisqués. Les allemands les obligent à charger une charpente sur un camion, destinée à réparer le pont Carnot que le maquis a dynamité.
Le camion ne s’approchera pas du pont, car le maquis est posté en face.
Les prisonniers finissent le transport à dos d’homme. Aucun incident n’interviendra et les otages sont ramenés à Collonges, puis enfermés dans la Mairie. Mais Paul Mathieu n’est pas du nombre, car les allemands ont commencé leur triste besogne de torture.
Tortures qui dureront jusqu’au lendemain vers 14h. Alternance de coups, de passages dans le bassin de la fontaine toute proche. Paul avait-il vraiment quelque chose à avouer ? Il est vrai que l’ennemi recherchait Kiki Durand, beau-frère de Maurice, proche du F.F.I. En tout cas, Paul ne parlera pas, faisant preuve de courage exceptionnel.
Le 19 Août, vers midi, Monsieur Michaux, Maire de Collonges, obtient des allemands l’autorisation de faire manger les sept otages qui sont toujours enfermés dans la Mairie. Puis, en début d’après-midi, les 2 compagnies S.S. quittent Collonges pour s’installer à Farges. Les otages sont également du voyage. Paul ne reverra pas ses camarades. Il sera martyrisé, jusqu’à ce que mort s’ensuive et enterré sommairement en contrebas du château de Farges.
Vers 17h, une compagnie de S.S. se dirige vers le hameau d’Asserans.

Hameau en 1944

Les otages chargés sur le véhicule, sont également de la partie. Maurice Mathieu, frère de Paul, pressentant le danger, tente de gagner la Suisse à travers champs. Il emmène avec lui sa femme enceinte et ses frères. Malheureusement, il revient en direction d’Asserans car il a oublié ses papiers pour passer la frontière. Trop tard, les allemands qui encerclent Farges l’on repéré et l’arrêtent aussitôt.
La sinistre besogne des S.S. commence par l’incendie de la maison Durand, qui est également le moulin du village. Puis, la plupart des autres fermes seront incendiées sauf deux.

Asserans août 1944

Durant l’incendie de sa maison, Claudius Gouttry est arrêté, attaché avec Maurice Mathieu qui vient d’être capturé. Et le drame éclate. Claudius, entouré de ses filles en pleurs, qui supplient l’ennemi, est chassé en direction des Poses. Il ne sera pas inquiété. Par contre, Maurice est poussé dans l’écurie en feu. Un allemand l’abat d’une rafale de mitraillette et il sera calciné dans l’incendie.
Dans la soirée, les S.S. regagnent le village, toujours accompagnés des 7 otages. Ces dernier, après quelques nouveaux ennuis, et quelques frayeurs supplémentaires seront finalement libérés.
Dans la nuit du 19 au 20 Août, les allemands quittent Farges dans la plus grande discrétion.
Paul 23 ans et Maurice, 21 ans seront enterrés le 25 Août.

Paul & Maurice